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La conscience noire de l’Afrique du Sud. Stephen Bantu Biko né le 18 décembre 1946 à Ginsberg, un township pauvre près de King William’s Town, en Afrique du Sud, au cœur du système brutal de l’apartheid. Il grandit dans une famille noire modeste, confrontée quotidiennement à l’humiliation, à la pauvreté et à la ségrégation imposées par le régime blanc raciste de l’époque. Son père meurt alors qu’il est encore très jeune laissant sa mère, employée domestique, élever seule ses enfants dans un pays où la vie des noirs n’a presque aucune valeur aux yeux de l’état. Jeunesse Très tôt, Biko comprend que l’apartheid ne se limite pas à des lois injustes : c’est donc un système conçu pour briser l’esprit du peuple noir. Élève brillant, il est pourtant expulsé de son école parce que son frère aîné est soupçonné d’activités politiques. Ce premier choc lui révèle que, dans l’Afrique du Sud raciste, même l’intelligence et la discipline ne protègent même pas un noir.Il poursuit ses études et entre à la faculté de médecine de l’université du natal. C’est là qu’il développe sa conscience politique. Il observe que même dans les organisations dites « libérales », les blancs dominent la direction, la parole et les décisions. Son mouvement Biko en tire une conclusion fondamentale : on ne peut pas libérer un peuple en le laissant sous la direction de ceux qui profitent de son oppression.En 1969, il fonde la South African Students’ Organisation (SASO), une organisation dirigée exclusivement par des noirs. Ce geste est révolutionnaire. Il marque la naissance du mouvement de la Black Consciousness une philosophie politique et psychologique qui va bouleverser toute une génération. Il enseigne que les noirs doivent d’abord se libérer mentalement, rejeter l’idée de leur infériorité, retrouver la fierté de leur identité, de leur histoire et de leur culture. Elle doit être conquise par l’opprimé lui-même. Son message inspire des milliers de jeunes, notamment ceux qui déclencheront les grandes révoltes de Soweto en 1976 contre l’enseignement raciste et l’oppression quotidienne. Politiqe à cette montée de la conscience noire, le régime de l’apartheid comprend que Steve Biko est extrêmement dangereux. En 1973, il est officiellement interdit de toute activités publiques dans l’interieur du pays. Il est réduit au silence par l’état de cette époque, mais son idée, elle, continue de se propager.Le 18 août 1977, Steve Biko est arrêté à un barrage routier par la police de sécurité. Il est détenu à Port Elizabeth, où il subit de violents interrogatoires. Il est battu, frappé à la tête et gravement blessé. Au lieu de le faire soigner, les autorités le laissent toujours nu, enchaîné, agonisant. Puis, dans un acte de barbarie, elles le transportent sur plus de 1 200 kilomètres jusqu’à Pretoria, à l’arrière d’un véhicule de police, comme un animal.Le 12 septembre 1977, Biko meurt seul dans son cellule, d’une hémorragie cérébrale causée par des coups reçus. Le régime prétend qu’il est mort d’une grève de la faim, mais la vérité éclate : Steve Biko a été torturé et assassiné par l’état raciste sud-africain. Son décèsSa mort provoque une onde de choc mondiale. Il a montré que la libération politique commence par la libération mentale, que le peuple noir doit croire en lui-même avant de pouvoir se libérer de ses chaînes. Steve Biko n’a pas pu vécu la fin de l’apartheid, mais c’est son esprit qui a contribué à le faire tomber

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